Bosnie et Monténégro en vtt

Des frontières croate à albanaise
700 kilomètres d’alpages, de forêts et de pistes méconnues
17 jours
42 km/jour
800 m dénivelé / jour
Au fil des jours
C’est dans le no man’s land entre Croatie et Bosnie que nous avons repris notre quête orientale du Continental Divide européen. Traverser la Bosnie et le Monténégro par les pistes de montagne n’est assurément pas classique. Nous n’avons rencontré ni cycliste, ni randonneur en 18 jours d’itinérance. La trace n’était pas simple à imaginer : cartes fausses, pistes imprécises ou inexistantes, bassin endoréique c’est-à-dire sans aucun débouché vers des mers, régions minées… A posteriori, les zones dangereuses sont rares ou signalées afin d’éviter les cueillettes de champignons.
Les stigmates de la guerre sont par contre encore présents : maisons éventrées, murs troués d’impacts, Serbes de Bosnie parfois frustrés de cette paix imposée de force par la communauté internationale. Mais à quelques rares exceptions de regards méfiants, nous avons toujours eu un accueil incroyable et bienveillant.
Ce voyage ne fût pas qu’un émerveillement, j’en reviens aussi avec des yeux différents. Il y a, en ces contrées, des montagnes calcaires immenses, des forêts sans fin qui cachent des ours timides, des hommes rudes qui cohabitent entre trois croyances et cultures. Nous avons roulé et cahoté sur des vallonnements sauvages, sorte de Causses ponctuées de dolines, karsts, hameaux d’alpage aux toits campanulés. De gros nuages noirs ecchymosent souvent le ciel. Des cénotaphes ponctuent les carrefours. Mais les pistes traversent aussi la vie renaissante et une foison de nature emmaillotée de mystères. Des forêts drapent le paysage, des sentiers suivent les haies de cynorrhodons, des sommets inconnus découvrent d’infinis panoramas de crêtes et talwegs où courent des nuages blancs qui s’effilochent dans l’azur méditerranéen.
La logistique semblait très compliquée, mais des locations de maisons particulières souvent neuves se réservent facilement même dans les coins les plus isolés. Un coup de google traduction et nous voilà échangeant en Bosniaque pour nous attabler avec force truites, crêpes et schnaps. Ainsi allèrent nos journées faites de pédalage, de transferts, d’échanges avec nos hôtes, de surprises simples et de joies partagées. Les navettes voitures et les copains accompagnants nous ont grandement aidés. Mille mercis à Marie, Gilles, Berni et Marc.
Après 10 jours, nous avons franchi la frontière monténégrine à un poste confidentiel. Plus loin le feu avait violenté la roche calcaire. Il nous fallut porter les vélos pour franchir l’obstacle et retrouver nos acolytes. Quelques pistes plus loin, nous étions en estive où le soir refoulait les derniers lambeaux de jour. Enfin nous avons touché la frontière albanaise. Après un paysage de crêtes, immense, nous nous sommes enfoncés dans des bois denses, avons laissé nos montures pour chercher la borne frontière improbable. Un ours grogna fort, comme pour nous refouler de son territoire au fond des forêts. La borne ruiniforme nous attendait. Nous nous sommes rapprochés d’un alpage. Des villageois nous offrirent un café turc. Ils récoltaient des patates. Des vaches paissaient des bruyères éclatantes. Nous sommes repartis avec nos souvenirs dans une descente effrénée vers la saignée des gorges de la Tara.
Crédit photos: Marie Perrot, Frédéric Faure
- Difficulté 50%
- Hébergement – Confort 70%
Aujourd’hui nous partons de l’arrivée et nous vous retrouvons au milieu. Demain on part avec vous, mais on revient à mi-parcours. Après demain etc…
Détails du parcours
Le parcours en VTT entre les frontières Croatie-Bosnie et Monténégro-Albanie représente 700 km et 14 000 m de dénivelée positive. Nous étions 6, dont 2 en vtt musculaire. Il suit majoritairement des bonnes pistes, mais la durée (17 jours) et l’isolement en fait un itinéraire tout de même sérieux. Les paysages ont été d’une grande beauté et sauvagerie. Nous n’avons quasiment vu personne durant notre périple, mis à part quelques forestiers et leurs engins.
Les hébergements souvent en maison ou appartement privé nous ont surpris par leur confort et l’accueil des hôtes. La logistique avec voitures suiveuses et copains cyclistes nous rejoignant, fut un facteur de succès et de simplification majeur. Mais nous aurions pu aussi être plus autonomes compte tenu des possibilités d’hébergements finalement trouvés assez facilement via booking ou maps.
J1/J232 Frontière Croatie Bosnie – Col à 15 km de Bosansko Grahovo
45 km 700 m
Le poste frontière côté Croatie n’est pas ouvert aux étrangers. Nous sommes donc partis côté bosniaque par la piste en aller retour. A l’arrivée également il est facile de redescendre du col pour rejoindre le village de Bosansko Grahovo.
Novo naselje bb à Bosansko Grahovo (accueil top) ou autre possibilité au village.
J2/J233 Col à 15 km de Bosansko Grahovo – Glamoc
52 km 660 m
Longue piste en forêt où deux d’entre nous ont eu la chance de voir une ourse avec ses 3 oursons qui ont fui rapidement.
Poslovno-edukativni centar (via booking)
J3/J234 Glamoc – Livno
44 km 430 m
Apartman Stupe à Livno
J4/J235 Livno – Mokronoge
39 km 850 m
Magnifique plateau avec chevaux en liberté.
Motel BTG à Tomislavgrad à 9km de Mokronoge
J5/J236 Mokronoge – Menjik
53 km 970 m
Sur route, puis le long du beau lac Ramsko.
Etno selo Remić à Menjik
J6/J237 Menjik – Dzanici
41 km 1000 m
Pension Asim à Jablanica au bord du splendide lac Jablaniko, mais à 38 km du point d’étape.
J7/J238 Dzanici – Donja Rastelica
39 km 1200 m
De Tarcin, on peut facilement aller visiter Sarajevo (30 à 40′ de véhicule)
Plusieurs hébergements autour de l’arrivée, en particulier à Tarcin, voir booking ou autres.
J8/J239 Donja Rastelica – Lukomir
38 km 1150 m
Magnifiques hauteurs sauvages pour arriver à Lukomir, comme d’ailleurs les deux jours précédents.
Maison Bobica Konak à Lukomir. Lukomir est un beau village d’alpage devenu touristique, accès via une piste de 17km pour les véhicules.
J9/J240 Lukomir- Sinanovici
28 km 450 m
Apartmani Jelenača à Sinanovići
J10/J241 Sinanovici – Jelasca
40 km 850 m
Planinarsko-turistički dom Camp à Jelasca. Le camping a des cabanes simples en location. Un hôtel aussi à Kalinovik, mais accueil méfiant lors de notre passage. On est dans un fief des Serbes de Bosnie pro-russe ici!
J11/J242 Jelasca – Drazljevo
52 km 970 m
Montagneux, sauvage, isolé…
Vikendica na jezeru à Drazljevo, petite maison proche du lac, via booking ou autres.
J12/J243 Drazljevo – Frontiere Bosnie Monténégro
37 km 400 m
Le poste frontière isolé est ouvert aux étrangers à priori de début juin à fin septembre.
Pas d’hébergement proche de la frontière. Possibilités à Gacko en Bosnie ou à Vir (près de Niksic) au Monténégro. Nous sommes restés deux nuits à Gazdinstvo Tadic à Vir, accueil super, mais long transfert en véhicule de 45′ depuis la frontière.
J13/J244 Frontière Bosnie Monténégro – Vir
40 km 700 m
Profitez du séjour à Vir pour aller visiter le célèbre monastére d’Ostrog dans la montagne, au crépuscule, envahi en journée (30′ de voiture)
Gazdinstvo Tadic à Vir proche de Nikšić
J14/J245 Vir – Gradacka Poljana
24 km 850 m
Vikendica Gradacka Poljana via booking ou autres maisons plus éloignées comme Vila Piramida à Šavnik, très bien.
J15/J246 Gradacka Poljana – Katun Kuline
43 km 1250 m
Superbe étape dans les alpages avec nuit dans l’isolement spectaculaire du hameau de Katun Kuline.
Chambre d’hôte à la ferme de Katun Kuline. Attention aux VTT électrique, car les recharges ne sont pas possibles.
J16/J247 Katun Kuline – Verusa
51 km 400 m
Longue descente des alpages vers les gorges de la Tara en passant par Kolasin, court tronçon sur une route très fréquentée.
Restaurant Ribjnak Guru et chambre d’hôte à Verusa. Nous avons mangé notre xième truite pêchée sous nos yeux, miam, miam
J17/J248 Verusa – Frontière Monténégro Albanie – Verusa
38 km 900 m
Dernière étape jusqu’à une borne improbable en pleine forêt. Nous avons dérangé un ours. Magnifique vue sur les montagnes escarpées d’Albanie et du Kosovo. Itinéraire en aller retour à Verusa.
Restaurant Ribjnak Guru et chambre d’hôte à Verusa. Nous avons commencé notre retour vers la France en allant voir les magnifiques « fjords » des bouches de Kotor et Dubrovnick, deux must.
Ne pas mésestimer l’isolement sur ces montagnes sauvages. En cas de problèmes mécaniques, il faut savoir et avoir de quoi réparer. Idem si chute, un GPS satellite type In Reach est une sécurité. Météo très changeante du fait de la proximité de la mer adriatique et des montagnes relativement élevées. Pour l’itinéraire, des zones que l’on peut trouver sur le site de la Bosnie, ne sont pas encore totalement déminées, mais pas de risque sur les pistes empruntées par les ruraux et que nous avons suivies.
Attention, les ours sont actifs, nous avons eu la chance dans cotoyer par deux fois, mais c’est le hasard et ils craignent l’homme qui les chasse (quota annuel de prédation). Le risque vient plutôt des chiens de berger qui peuvent être agressifs, voire dangereux si vous vous approchez des troupeaux. Nous avions des repousse chiens au cas où.
Les tracés et étapes à pied ou en vtt autonome restent à inventer, que ce soit avec hébergement ou sous tente, ou encore un parcours en sens inverse. Quelques parties peuvent être aussi plus proches de la ligne, en particulier pour contourner les sources de la Tara où nous ne sommes pas allés. Avis aux amateurs, n’hésitez pas à nous envoyer vos traces et commentaires.
Liens
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Très belle description dont je peux témoigner de la véracité.
Un très beau périple malgré mon modeste niveau en VTT (électrique pour moi, merci au matériel très fiable). Découverte de très beaux lieux, un groupe très sympa.
La chance incroyable d’avoir vu une ourse et ses trois oursons.
Merci Marc pour ton commentaire.